La vraie lavande de Haute Provence

19 avril 2024

Mont Ventoux,


J’ai rendez-vous avec nos producteurs de lavande. Ils sont la 7ème génération d’agriculteurs installée sur les hauteurs au-dessus d’Apt à 1100 mètres d’altitude. Ils cultivent depuis lors cette fleur si bleue et si odorante, la lavande, sur le plateau d’Albion. Mais pas n’importe laquelle! 



Il existe en effet plusieurs lavandes.

L’une des lavandes sauvages est la lavande officinale, dite aussi lavande fine ou encore lavande vraie, lavandula angustifolia vera p.miller  

La famille de lavandiculteurs avec qui nous travaillons a domestiqué les plants sauvages qui poussaient spontanément sur le plateau pour en faire une culture en agriculture biologique. Jusque dans les années 30, la lavande était coupée à la faucille. Après-guerre, la culture de la lavande s’est mécanisée. 

Ils se sont spécialisés donc dans la lavande fine dont le parfum est le plus délicat, fin. 


Le parfum de lavande fine n’a rien à voir avec le parfum du lavandin qui est un hybride (croisement entre la vraie lavande et la lavande aspic) et dont l’odeur est plus lourde et beaucoup plus camphrée. La lavande officinale possède 1 seule sommité fleurie par tige, pas de bractées supplémentaires comme l’aspic. La lavande fine n’a rien à voir avec la lavande clonale qui est un clone et qui représente 80% du marché de la lavande.

La famille se bat pour l’AOP d’huile essentielle de lavande de Haute Provence et en a été à l’origine. 



Leur propriété présente une vue sur le Mont Ventoux à couper le souffle. Le champ de lavande fine est cultivé en agriculture biologique depuis 1976. Autour il y a des bois. 


Pendant l’hiver, des brebis d’un agriculteur voisin viennent se régaler des mauvaises herbes entre les rangs de lavande. 





La récolte intervient à la fin du mois de juin avec un temps fort à la mi-juillet. Les champs deviennent des océans d’un intense bleu violet avec des dégradés de couleurs allant du blanc au bleu marine en passant par le violet. 


Lorsque les fleurs sont à bonne maturité, les tracteurs coupent la tige à la bonne hauteur. Les tiges sont laissées à sécher au soleil pendant 4 jours. Les tiges pour la vente au détail de fleurs de lavandes sont mises à sécher sur des filets puis elles sont émondées pour obtenir la fleur de lavande. 


Un peu d’histoire : 

La lavande fine, appelée aussi « vraie lavande » (lavandula angustifolia P.Miller) est issue de populations de lavandes sauvages qui poussaient spontanément à partir de 600 mètres d’altitude sur les plateaux de Provence et qui ont été progressivement domestiquées lors de l’entre-deux-guerres. Il ne faut pas confondre la lavande fine avec le lavandin, qui est un hybride (entre la vraie lavande et la lavande aspic) et, la lavande clonale qui, elle, possède un rendement bien meilleur. Cette dernière représente d’ailleurs près de 80% du marché de la lavande. 

La lavande fine, plus rare donc, se caractérise par une seule sommité fleurie par tige et par un parfum délicat de linalol et de coumarine. Sa couleur n’est pas uniforme, c’est un dégradé de bleu violacé, de bleu marine et de blanc.  

Notre lavande fine provient de chez une famille de lavandiculteurs depuis 7 générations. La famille cultive en agriculture biologique la lavande fine sur le plateau d’Albion en Provence. 

La récolte des fleurs a lieu à partir de la fin du mois de juin avec un pic à la mi-juillet.

Les tiges sont ensuite émondées pour obtenir uniquement la fleur de lavande fine. 

Depuis l’Antiquité, la lavande fine est reconnue pour ses propriétés désinfectantes, purificatrices, équilibrantes et calmantes. Le mot lavande vient du verbe latin « lavare », « lavo » qui signifie laver. Ce qui explique l’origine du mot « lavandière ». 

Au Moyen Age, la lavande fait partie des simples cultivés dans les monastères. La lavande fine est utilisée dans les hospices pour purifier l’air. Avec le développement de Grasse par les parfumeurs à la fin de XVIIIème, la cueillette de la lavande fine rencontre un véritable essor jusque dans les années 50. Pendant l’entre-deux-guerres, la lavande fine sauvage a été progressivement domestiquée et elle a vu sa culture mécanisée. La concurrence du lavandin et de la lavande clonale a fragilisé la filière. La qualité supérieure indéniable de la lavande fine sur les autres lavandes permet toutefois d’assurer sa pérennité.